Pour compléter notre dossier et apporter des éléments supplémentaires à la réflexion sur le thème de la parentalité, les textes suivants ont été extraits de la revue ACCUEIL dans son édition août /septembre 2009.

 

 

 

« C’est qu’il y a d’ordinaire et d’extraordinaire à la fois, c’est que l’adoption ne peut pas s’arrêter. Enfants et parents adoptifs, nous ne le sommes pas une fois pour toutes, comme un dossier et une vie à ranger, sagement et définitivement. Nous devenons enfants et parents adoptifs au quotidien, en étant tous simplement enfants, parents : c’est le sens de notre vie. Avec ce qui fait la vie de chaque jour, à la maison comme ailleurs, dans la vie relationnelle et sociale. Avec les bonheurs, les joies, avec aussi les difficultés, les douleurs. »

« N’imaginons pas les parents que nous rêvons toujours d’être, devenons parents jour après jour : ça nous laisse déjà pas mal à penser, à imaginer, à inventer. Nous ne sommes pas parents adoptifs, nous le devenons ; notre idéal de parents : n’être pas parfaits, hésiter parfois, la vie est là, exposons-nous, risquons-nous à accompagner la vie. L’adoption n’est pas une rêverie, ni un musée imaginaire, mais elle permet de nous inventer l’un l’autre. »

« Les parents doivent souvent affronter les regards, les questions de l’entourage-proche ou lointain, les commentaires ou les jugements qui sont le lot quotidien de la plupart des familles adoptives.

Ils devront être capables d’assumer la différence=, surtout se elle est visibles (couleur) ou handicap), pour eux-mêmes et pour leurs enfants. »

Jean-Gabriel Cosculluela, ACCUEIL n° 152- aout/septembre 2009 revue trimestrielle –ENFANCE & FAMILLE D’ADOPTION. Reproduction autorisée.

 

« Etre parent c’est être envahi d’une grande émotion en regardant son enfant, en le voyant évoluer, se développer, grandir, devenir autonome et adulte. C’est aussi s’inquiéter pour cet enfant, sa santé, son devenir, ses relations, son épanouissement. »

« Etre parent, c’est encore accepter son enfant tel qu’il est physiquement (trop grand, trop petit, trop gros, trop maigre, aux yeux clairs, aux yeux foncés, avec ou sans lunettes, très pâle, très mat, frisé, cheveux lisses, blonds, roux, bruns…), tel qu’il est moralement (colérique, effacé, turbulent, scotché, détaché, peureux, casse-cou, têtu, téméraire ou en retrait…) et tel qu’il est intellectuellement (en réussite ou en échec scolaire, s’adaptant ou non aux situations). »

« Etre parent, c’est également rester présent même lorsque son attitude n’est pas celle espérée et tenir bon, coûte que coute, pour le réorienter vers le chemin que l’on pense le meilleur. A la sortie de l’école, la maitresse veut vous parler : Oh non, mais qu’est-ce qu’il encore fait ? C’est dans ces moments-là, où l’on n’est pas fier de son enfant, que l’on doit continuer à être son parent. Et finalement, être parent, c’est aussi « l’armer » pour qu’il avance tout seul, sans nous. »

Aubeline Vinay, ACCUEIL n° 152- aout/septembre 2009 trimestrielle –ENFANCE & FAMILLE D’ADOPTION. Reproduction autorisée.

 

« Quand l’enfant est là, les théories, les multiples questions auxquelles les adultes ont été soumis pour s’imaginer parent, cèdent le pas aux situations de tous les jours. Quand je repense à tous ce que nous avions imaginé, nous dit une mère de famille en parlant des entretiens durant l’agrément, je me dis que c’était comme parler de son futur métier quand on passe les concours : on y connaît rien, et on imagine les réponses ! Les adultes passent du parent symbolique, au parent concret. Ils agissent désormais en fonction de ce qu’ils sont, de leur personnalité et de leur sensibilité, tout en s’accordant avec l’enfant bien réel qu’ils on accueilli pour construire leur vie ensemble. »

Frédérique Le Floch, ACCUEIL n° 152- aout/septembre 2009 revue trimestrielle –ENFANCE & FAMILLE D’ADOPTION. Reproduction autorisée.

 

« Mais la construction de cette relation (NDLR : parent-enfant) est étanchée par les expériences relationnelles antérieurs de l’enfant. L’enfant a intégré un mode de relation à l’adulte qui est teinté de ses premiers attachements. Ce mode peut être fortement imprégné de méfiance, de colère, de doute sur la fiabilité parentale et sa constance. La plupart du temps les parents ont assez de souplesse, d’intuition et d’ingéniosité pour proposer leur propre modèle relationnel, pour redonner peu à peu confiance et sécurité à l’enfant.

On ne peut cependant pas nier que dans un petit pourcentage de cas, que l’on nomme troubles de l’attachement, ce revirement de l’enfant ne se fera pas. Les stratégies de survie de l’enfant sont alors très prégnantes et peuvent être invivables au quotidien : enfant qui teste en permanence l’amour parental, qui ne supporte aucun contrôle, aucune frustration, qui exige une attention de tous les instants. Lorsque ces troubles existent, ils s’améliorent peu avec le temps et nécessitent le soutien appuyé de professionnels avertis qui ne font pas porter aux parents toute responsabilité de leur survenue. »

« Les parents sont moins décontenancés lorsqu’ils sont préparés à ces éventualités, lorsqu’on les prévient de la nécessite de doser leurs débordement affectifs dans les premiers temps, de laisser à ‘enfant le soin de faire les premières démarches d’approche, de l’apprivoiser progressivement et lorsqu’on leur donne les outils pour favoriser un maternage permettant l’attachement.

On ne dire jamais assez que le tissage des liens demande du temps, un long processus de connaissance mutuelle, de multiples expériences d’interactions joyeuses et confiantes, de souplesse et d’adaptation de part et d’autre. »

Blandine Hamon, ACCUEIL n° 152- aout/septembre 2009 revue trimestrielle –ENFANCE & FAMILLE D’ADOPTION. Reproduction autorisée.

 

« Les parents doivent souvent affronter les regards, les questions de l’entourage-proche ou lointain, les commentaires ou les jugements qui sont le lot quotidien de la plupart des familles adoptives.

Ils devront être capables d’assumer la différence=, surtout se elle est visibles (couleur) ou handicap), pour eux-mêmes et pour leurs enfants. »

Martine Duboc, ACCUEIL n° 152- aout/septembre 2009 revue trimestrielle –ENFANCE & FAMILLE D’ADOPTION. Reproduction autorisée.

 

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Lire l’éditorial Protéger l’intimité de son enfant: une responsabilité de parents de Geneviève Miral, sur le site d’Enfance & familles d’Adoption

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