Sur fond d’épidémie de choléra, des orphelins sans passeport pourraient bénéficier d’une «procédure exceptionnelle». 


Alors que l’épidémie de choléra
prend des proportions inquiétantes en Haïti, le ministère des Affaires étrangères souhaite accélérer l’adoption des 320 enfants dont la procédure est encore en cours dans ce pays. L’ambassadeur de France à Port-au-Prince, Didier Le Bret, s’apprête à négocier avec les autorités haïtiennes un accord permettant de «lever les derniers obstacles juridiques, de façon à pouvoir assurer à toutes les familles de retrouver leur enfant adoptif avant la fin de l’année».

Quelque 70 enfants, dont les dossiers sont très avancés, mais qui n’ont pas encore de passeport, pourraient dans ce cadre bénéficier d’une «procédure exceptionnelle» les autorisant à quitter l’île dans les plus brefs délais. Ils seront accueillis par une structure médicalisée, que la France est en train de mettre en place. «L’objectif est de s’assurer qu’aucun enfant n’est contaminé avant son voyage», souligne-t-on au ministère.

«Une lueur d’espoir»  

Parallèlement, le dispositif de surveillance des orphelinats sera renforcé, avec des rondes médicales quotidiennes. Plusieurs cas de choléra ont été dépistés la semaine dernière dans la crèche Maison des anges, à Port-au-Prince, et des enfants ont été hospitalisés. «Le risque est très fort aujourd’hui, souligne Didier Le Bret. Ce serait mentir aux familles de dire que tout est sous contrôle.»

Pour les parents adoptants, l’annonce d’une accélération du calendrier représente «une lueur d’espoir». «Nous sommes satisfaits de cette volonté politique, que nous réclamions depuis dix mois, indique Emmanuelle Guerry, porte-parole du collectif SOS Haïti Enfants adoptés. Mais il a fallu que des enfants meurent pour en arriver là, alors qu’un rapport avait alerté, dès le mois de mai dernier sur la situation sanitaire catastrophique sur place.»

Plus de 1.000 enfants étaient en cours d’adoption en Haïti au moment du séisme. Depuis, la situation de 700 d’entre eux a été réglée, a précisé hier le Quai d’Orsay. Restent ces 320 enfants dont les procédures d’adoption ont été ouvertes avant le tremblement de terre mais qui n’avaient pas le jugement nécessaire à leur rapatriement. «Ils seront les derniers à être transférés», précise Didier Le Bret.

La France, qui a gelé toute nouvelle procédure en Haïti après le séisme, attend en effet une ratification de la convention de La Haye pour reprendre l’adoption dans ce pays.

D’ici là, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que la France participerait au fonctionnement d’un centre d’observation et de consultation en Haïti. Elle enverra par ailleurs pour 80.000 euros de matériels et consommables d’hygiène, pour prévenir l’épidémie dans la région de Port-au-Prince.

 

Source : Le Figaro.fr