Cette habitante d’un village près de Tarare est dans le vol affrété par le gouvernement

Par Nicolas Ballet (Le Progrés.fr)

 

Depuis que le Quai-d’Orsay lui a appris la bonne nouvelle, samedi, « c’est la course ! » Hier, elle a dû récupérer des copies à corriger à l’université Lyon 3, puis filer en toute hâte à Caluire entre midi et deux pour prendre un repas de Noël anticipé avec « le grand-père » et Lily Rose, sa fille de 7 ans.

 

C’était quelques heures avant d’attraper le TGV du soir pour Roissy et aller partager un autre moment de fête, attendu depuis des mois. Ce matin, sauf contre-ordre, Delphine Rivoire, une habitante de Chambost-Longessaigne, près de Tarare, se trouve à bord du premier vol affrété par le gouvernement français en direction de Port-au-Prince (Haïti).

Elle est assise parmi des dizaines d’autres Français venus chercher leur enfant adopté, grâce aux laisser-passer obtenus par la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. La fille que Delphine s’apprête à retrouver se prénomme Erika. Elle a vingt mois et vient de la Cité du Soleil, l’un des bidonvilles les plus pauvres de l’île des Caraïbes dévastée par un tremblement de terre en janvier dernier et désormais en proie à une épidémie de choléra. « Mais je sais qu’Erika est en bonne santé », rassure Delphine. Elle récupérera l’enfant – le deuxième après Lily Rose, adoptée dans le même pays en 2006 – aux alentours de 17 heures heure française (vers midi, heure locale). « Le jugement a été rendu, tout est OK.

On a rendez-vous dans un centre près de Port-au-Prince. Nous passerons maximum quatre heures sur place avec les autres familles. Très court, trop pour rencontrer la nounou et le directeur de la crèche, mais nous y retournerons un jour ! ».

L’avion, avec à son bord une assistance médicale et psychologique, repartira sans tarder pour une arrivée prévue demain matin à Roissy. Visite médicale, octroi d’un laisser-passer… Les formalités à l’aéroport dureront toute la matinée.

Et le retour près de Tarare se fera demain en cours d’après-midi. « Ça va être trois jours sans sommeil mais c’est un soulagement : une adoption, c’est comme une grossesse de dix-huit mois avec des difficultés », résume Delphine, dont les démarches, initiées début 2009, avaient été retardées, comme pour beaucoup d’autres, à cause du chaos provoqué par le récent séisme.

Tant pis si le billet est plus cher que prévu (« 1 600 euros aller/retour ») : la situation est débloquée et Delphine se félicite de l’implication de Michèle Alliot-Marie dans le dossier, longtemps en souffrance, des adoptions en Haïti – « elle a fait, peut-être parce qu’elle est une femme, ce que n’a pas fait un certain docteur en onze mois », allusion à l’ex-ministre Kouchner.

Dans la maison de Chambost-Longessaigne, la chambre d’Erika est prête. Et un cadeau l’y attend déjà. Lily Rose, « très contente » d’avoir une sœur, va lui offrir un lama en peluche. Comme ceux que Delphine élève dans sa ferme des Monts du Lyonnais. Un vrai petit paradis pour les petits.

 

Source : Leprogres.fr