En 2010, 3.504 enfants sont arrivés en France dans le cadre d’une adoption internationale, soit une hausse de 14% par rapport à 2009. Toutefois cette augmentation est à nuancer par le poids des deux premiers pays d’origine :

  • 992 enfants sont arrivés d’Haïti suite au séisme du 12 janvier 2010 ; or en 2009 et 2008 leur nombre était de 631 et 751.
  • 469 visas ont été accordés pour des enfants Vietnamiens, les procédures ayant été accélérées avant la suspension intervenue le 1 octobre 2010. Leur nombre était de 308 l’an dernier et 284 en 2008.

Sans ces deux fortes augmentations liées à des contextes exceptionnels, la tendance est à la stabilité par rapport à 2009.

Les enfants sont arrivés de 72 pays, les 10 premiers totalisant 81% des adoptions. Les adoptions dans les pays signataires de la Convention de La Haye sont stables par rapport à 2009 (+3%) ; elles ne représentent toutefois qu’un quart du total, ce qui s’explique par le poids d’Haïti et du Vietnam.

En dehors de ces deux pays, les principaux pays d’origine demeurent : la Colombie (369 visas), l’Ethiopie (352), la Russie (301), la Chine (100), La Côte d’Ivoire (75 visas), le Mali (71 visas), l’Ukraine (59 ), et le Cameroun (56). Pour la première fois depuis 2006, les adoptions réalisées sur le continent africain sont en baisse, tandis qu’elles augmentent fortement en Amérique et en Asie – l’effet conjoncturel des adoptions en Haïti et au Vietnam expliquant en partie cette hausse.

Parmi les 20 premiers pays d’origine, en dehors des contextes exceptionnels des deux premiers, il faut noter :

  • l’augmentation importante du nombre d’enfants arrivés du Kazakhstan, de la Côte d’Ivoire (+10%), de Djibouti (leur nombre a doublé) et de Colombie (+53%). Dans ce dernier cas, 69% des adoptions ont été réalisées via l’AFA, qui double ainsi son chiffre de 2009. Ce bond spectaculaire serait-il lié à la mise en place par le Ministère des affaires étrangères de l’opération « Vacaciones de verano » ? Une chose est sûre, les jeunes enfants confiés par la Colombie ont été plus nombreux l’an dernier : 53% avaient en effet moins de 3 ans, contre 47% en 2009 ;
  • une diminution des visas pour les enfants arrivés d’Ethiopie (-21%, les visas rejoignent le niveau de 2004), du Mali (-39%), du Cameroun (après un pic en 2009), et de la Thaïlande (diminution amorcée depuis 2005)
  • une stabilité des visas dans 7 pays : Russie (après le pic des années 2006 et 2007), Chine, Ukraine (qui avait connu une forte chute l’an dernier), Lettonie (entre 30 et 40 visas par an depuis 2007), RDC (après forte augmentation l’an dernier), Pologne (stabilité depuis 5 ans) et Tunisie.
  • l’arrivée du Nigéria parmi les 20 premiers pays d’origine et la disparition du Brésil qui enregistre une forte baisse.

En 2010, les enfants de moins de 1 an représentent encore 20% du total (21% en 2009), comme ceux ayant entre 3 et 5 ans. La plus forte progression concerne les enfants de 1 à 3 ans (1351 enfants), arrivés essentiellement d’Haïti, de Russie, d’Ethiopie, de Colombie et du Vietnam. Cette tranche d’âge représente 39% des enfants arrivés, tandis que ceux de plus de 5 ans voient leur proportion diminuer (22% contre 25% en 2009), même si leur nombre est resté stable.

Le poids des démarches par OAA est également resté stable par rapport à 2008 : 43%.

Les démarches individuelles représentent 41% des arrivées (essentiellement d’Haïti, de Russie, de Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Kazakhstan). Cette proportion pourrait baisser en 2011 en fonction de réformes législatives, d’accords bilatéraux et de la situation compliquée en Côte d’Ivoire. L’AFA, avec 565 adoptions (+ 10% par rapport à 2009, essentiellement en Colombie et au Vietnam), représente 16% des adoptions internationales.

Enfin, n’oublions pas les nouveaux parents : un tiers d’entre eux avait entre 40 et 45 ans et un autre tiers plus de 45 ans. Les moins de 35 ans représentaient 8% du total.

Source : http://www.adoptionefa.org/