INTERVIEW publié sur le site lefigaro.fr

Michèle Tabarot, présidente du Conseil supérieur de l’adoption et députée UMP des Alpes-Maritimes, organise mercredi une rencontre sur l’adoption, à l’Assemblée nationale, pour relancer le débat. Le projet de loi lancé en 2008 et présenté au Conseil des ministres en 2009 n’a pas encore été adopté.


LE FIGARO. – Quelles sont vos principales propositions ?

L’urgence est de réformer la déclaration judiciaire d’abandon pour donner à des enfants placés la chance de s’épanouir dans une famille d’adoption plutôt que de rester dans une institution ou de passer par plusieurs foyers d’accueil. En France, sur environ cent vingt mille enfants placés, seuls deux cents sont adoptables chaque année. Au Royaume-Uni, en 2005, trois mille cinq cent enfants ont été rendus adoptables. Notre pays reste frileux sur ce sujet car le lien biologique est sacralisé. Le constat de «délaissement» parental pourrait être accéléré grâce à un examen plus fréquent, tous les six mois pour les plus petits, de la situation des enfants. En outre, adoption ne veut pas dire la rupture définitive avec ses parents biologiques.

Après des dérives en Haïti, le sujet de la fin des adoptions individuelles, effectuées sans passer par des organismes, est dans l’air du temps.

C’est nécessaire dans certains pays quand le risque de dérive est avéré. D’autres pays négocient eux-mêmes la fin des adoptions individuelles, à l’instar de la Russie. Mais une interdiction généralisée est pour l’instant prématurée. Les OAA risqueraient d’être débordés par les demandes. L’adoption individuelle représente encore 40 % de l’adoption internationale. Les Français sont très attachés à cette démarche. Il va falloir changer les mentalités en douceur.

Faut-il également durcir l’obtention de l’agrément
pour les candidats à l’adoption ?

Il y a des carences dans l’information et la préparation des familles. Les dossiers des candidats ne sont pas toujours complets et la procédure change d’un département à l’autre. Quel dommage de rater des adoptions pour des raisons administratives ! La question de l’âge des adoptants doit également être posée. Je suis favorable à la mise en place d’un écart d’âge maximal de 45 ou 50 ans entre les adoptants et l’enfant afin de limiter le nombre de candidats.

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