Après le séisme de janvier 2010, les adoptions ont été gelées en Haïti.

Par RFI

Michel Martelly veut interdire les adoptions individuelles en Haïti. Le nouveau président a annoncé, qu’il souhaitait prendre un arrêté pour organiser les demandes d’adoption. A partir de ce moment-là, seules les adoptions par les organismes agréés deviendront autorisées. Une décision qui devrait mettre un peu d’ordre dans les procédures gelées depuis le séisme de janvier 2010.

Un an et demi après le tremblement de terre qui a ravagé l’île, l’adoption reste un sujet sensible en Haïti. Quelques semaines après la catastrophe, dix personnes de nationalité américaines avaient été arrêtées. Elles étaient sur le point d’embarquer illégalement une trentaine d’enfants vers les Etats-Unis alors que les adoptions avaient été gelées.

La décision du président Michel Martelly va le bon sens pour Gustave Vielle, le président de l’association française Solidarité-Fraternité pour les enfants d’Haïti : « Les adoptants ne pourront plus s’adresser directement à des institutions d’enfants en Haïti mais devront passer par des OA, des organismes autorisés pour l’adoption. C’est une très bonne nouvelle dans l’intérêt des enfants ».

Cela devrait permettre d’éviter les dérives. Mais il faut aller plus loin. C’est en tous les cas ce que réclame Sophie Dazord, de la Fédération française Enfance et Famille d’Adoption : « Cette décision ne suffit pas à elle seule à sécuriser les procédures. Il faut vérifier l’adoptabilité des enfants, s’assurer qu’on ne prépose à l’adoption que des enfants pour qui c’est la seule solution. Cela veut dire pour ces enfants-là, une famille qui leur convient avec qui ils pourront créer une famille ».

Cet arrêté présidentiel devrait aussi permettre de réduire les délais d’adoption. Avant le séisme, il fallait compter environ 18 mois avant qu’une famille ayant reçu l’accord pour adopter un enfant puisse aller le chercher.