Jocelyne Mas nous livre une courte mais vibrante déclaration d’amour à un « Petit Bonhomme venu du froid »…

Nous sommes si contents ! Nous t’avons attendu si longtemps ! Tes parents Marie et Jean ont tellement d’amour à donner, tellement de tendresse, tellement de choses à partager ! Ils t’ont attendu pendant des années, remplissant sans relâche des dossiers, se prêtant à toutes sortes d’examens sans rechigner, écrivant partout sans se décourager. Quelquefois, ils perdaient espoir devant tant de difficultés. Quelquefois, ils tombaient au fond de leur désespoir comme dans un puits profond et sombre et leurs larmes coulaient. Le lendemain, leur cœur leur disait de recommencer, d’espérer, de continuer, de se battre.

Ils ont parcouru des milliers de kilomètres, ont dépensé toutes leurs économies et bien plus encore jusqu’au jour où enfin un simple coup de téléphone a changé leur vie et la tienne. Leurs cœurs à l’unisson ont battu la chamade, leurs larmes ont glissé, abondantes et bienfaisantes sur leur visages défaits.

Ils sont allés te chercher au bout du monde, dans un orphelinat si loin, perdu dans la morne plaine, sans ménager leurs peines, là où la misère abonde. Et un soir de printemps, petit bonhomme venu du froid est descendu d’un avion pour entrer dans notre vie.

Sois le bienvenu dans ta famille.
Tu y trouveras tout l’amour du monde
Petit bonhomme venu du froid
Tu es maintenant dans un pays de soleil
Tu n’auras plus jamais faim et froid.
Tu es notre soleil.

Quelques années plus tard Jocelyne Mas fait le point : « Il n’y a pas plus beau cadeau dans une vie que nos enfants, de cœur ou de sang. L’adoption n’est autre chose qu’une immense preuve d’amour et de générosité. Savez-vous combien il est difficile de donner une maman et un papa à un petit être qui ne demande qu’à être aimé ? Savez-vous les sacrifices, les angoisses, la générosité et l’amour immense qu’il faut pour entreprendre les démarches. Je ne savais rien du problème de l’adoption et maintenant j’ai de quoi écrire un livre entier ! Que de vicissitudes, de tractations, de dépenses imprévues, de cadeaux obligés, de fatigue, de voyages. Revenir de ces voyages en laissant l’enfant parce que le dossier n’est pas complet : quelle déchirure atroce ! Revenir encore et repartir, seuls encore : quelles frustration ! Tout cela semble si injuste de souffrir de la sorte par la faute des lois des hommes et leur apparent manque de compassion ! Hommes qui sont si rarement confrontés à ce genre de situation exceptionnelle. Et pourtant, il n’y a pas de plus grande richesse que celle du cœur et de l’âme ! »

Source : pariscotedazur.fr