Mardi 13 septembre 2011 à 21.40 sur france 5

 

 A plus de 30 ans, la Maison Verte, à Paris, continue à fonctionner comme au premier jour. Fondée par Françoise Dolto en 1979, elle accueille les enfants, depuis la naissance jusqu’à 3 ans, anonymement, avec leurs parents, avant qu’ils n’en soient séparés pour rentrer à la crèche ou en maternelle. Une structure unique en son genre où la parole est reine.

Françoise Dolto
(dans une conférence de presse en 1985)
« Mon idée était de socialiser l’enfant en présence de ceux grâce à qui il sait qui il est. Je trouvais absolument sadique, cruel et imbécile que les institutions qui acceptent de prendre les enfants pour leur assurer aide, tutelle, protection, hygiène, ne le fassent qu’à condition de séparer l’enfant de qui fait sa sécurité et de qui est référent de son identité. »
« Un enfant à qui on ne parle pas croit qu’il ne doit pas écouter ce qu’on dit. » 
Isabelle, mère de Léna
« La phrase, ici, entre autres, c’est « vous faites ce que vous pouvez”. On m’a rassurée, et j’ai appris à ne plus culpabiliser.»

 
Annie Grosser, accueillante, psychanalyste
« Ces petits lieux peuvent devenir des vrais petits lieux de résistance, au sens humain du terme : des lieux pour défendre une conception de l’homme et de la façon dont on peut aider ou pas un humain en devenir. »

 
Laura Premat, accueillante, psychanalyste
« Je ne crois pas que la parole soit magique. Ce n’est pas parce qu’on parle d’une situation problématique que ce problème disparaît magiquement ; simplement, on donne la possibilité de pouvoir avoir du chagrin ou de la colère et que ce soit reconnu. »

 

Regarder en vidéo l’entretien avec le réalisateur Jean-Michel Carré

 

 

Christine Roy, accueillante, psychanalyste
« C’est toujours l’enfant qu’on accueille. Lui, accompagné de ses parents ; lui que l’on nomme, et son prénom que l’on écrit au tableau. Donc l’enfant sent, dès qu’il arrive, que c’est un lieu qui est fait pour lui. » 
Michel Malandrin, accueillant, psychanalyste
« Il s’agit de voir ce que l’enfant a à dire à travers son dire à lui, à travers son silence, sa santé, sa tristesse ou ses rires. Il y a tout un langage à décoder, et l’enfant est preneur de ça quand il sait qu’il a en face de lui quelqu’un qui l’écoute. »

 

Lucile, mère de Madeleine
« On n’est pas forcément un parent à problème quand on vient à la Maison Verte. On a juste envie d’un espace de jeu, de liberté. On sent des gens qui sont à l’écoute, très disponibles. Les accueillants sont toujours là si l’on a envie de discuter, même de la pluie et du beau temps, pas forcément de problèmes ou de questions métaphysiques d’éducation. »

 

 

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