Deux adoptés sur trois via l’Agence française de l’adoption sont des enfants dits «particuliers».

Un bébé âgé de quelques mois, en pleine santé, abandonné à la naissance: un cliché dont nombre de candidats à l’adoption peinent à se détacher, comme s’ils rêvaient de pouvoir écrire leur histoire sur une page blanche. La réalité de l’adoption est tout autre, avertit l’Agence française de l’adoption (AFA). Elle vient de lancer une nouvelle campagne d’information destinée aux conseils généraux, aux travailleurs sociaux et aux futurs parents adoptifs. Les derniers chiffres de l’agence, qui a encadré près de 300 adoptions internationales en 2012, sont éloquents. 60 % de ces adoptés sont des enfants dits «à besoins spécifiques» ou autrement dit malades, curables ou incurables, handicapés, âgés de plus de 5 ans ou accompagnés d’une fratrie. Soit environ deux enfants sur trois. «Ce pourcentage augmente d’année en année», avertit la présidente de l’AFA, Isabelle Vasseur. Il n’était que de 28 % en 2009.

Paradoxe, ce sont ces enfants pour lesquels il est plus difficile de trouver une famille qui sont les plus facilement adoptables, et ce dans un contexte de baisse généralisée des chiffres de l’adoption internationale. Afin de faire passer le message, l’AFA a choisi de donner la parole à des familles adoptantes qui ont fait le choix de recueillir des enfants «particuliers» dans un documentaire de 52 minutes, Il était une fois… notre histoire.

Sans angélisme mais avec beaucoup d’émotion, elles racontent comment elles ont construit leur parcours, surmonté les difficultés, quels ont été leurs moments de découragement et de joie. Comme cette maman célibataire qui élève un petit garçon atteint d’une hépatite B. Ou ce couple qui a choisi de recueillir une fratrie d’enfants lettons et a peu à peu réussi à transformer un «bloc fraternel» en «bloc familial». Il y a aussi les adoptants qui acceptent de commencer une vie de famille avec enfant qui, à 13 ou 14 ans, n’en est plus vraiment un et qui amène tout son passé avec lui. «Je n’ai pas eu de coup de foudre, j’ai appris à les aimer», explique un adoptant. «Les familles se disent toujours qu’elles sont à part et que, pour elles, le rêve d’un enfant idéal va devenir réalité. Certains attendent sept ou huit ans… Pour certains, mieux vaut faire le deuil de leur projet. Il ne s’agit pas de décourager mais nous essayons d’avertir les candidats qu’il n’y a quasiment pas de nourrisson à adopter mais que l’adoption peut quand même être une belle histoire quand chacun se trouve», témoigne-t-on à l’AFA.

Source : lefigaro.fr