Qu’il soit grand ou petit, l’enfant qui a été adopté est, comme tout enfant, dans l’attente de recevoir l’amour de ses parents dont les paroles et les câlins seront porteurs.
Avec lui cependant, peut-être plus encore qu’avec un enfant biologique, il faut connaître l’importance de tout ce que revêt l’aspect sensoriel des expériences, tout comme celle mieux connue de la voix, du ton de la voix, des échanges de sons avec le tout-petit, puis de langage compréhensible par l’enfant plus grand.
La sensorialité est, au sein du processus du développement psychomoteur et affectif de l’enfant, un des enjeux d’épanouissement qui prend toute sa mesure dans l’aventure de l’adoption et plus encore, peut-être, lorsque celle-ci se réalise dans un contexte international.
Parce que, si transmettre des valeurs, éduquer, élever sont autant de projets parentaux que la morale et l’environnement social approuvent et encouragent, la mise en place des liens de filiation adoptive passe aussi et de façon profonde, intime et subtile, par les échanges corporels entre l’enfant et ses parents.
Pour bien comprendre cela, il faut redire l’importance et la signification de l’aspect sensoriel de toute relation, et admettre que l’enfant se sert de son corps comme d’un langage à entendre. Les parents pourront y penser et oser dire leur tendresse à travers le toucher et le geste.
Si la prégnance* du sensoriel, tant dans l’histoire pré-adoptive de l’enfant que dans sa vie dans sa famille adoptive, est si vive, c’est que, en particulier chez lui, les perceptions sont souvent en état d’alerte et exacerbées car directement branchées depuis la naissance sur l’aspect émotionnel de la relation.
Le corps de l’enfant, d’un côté comme une mémoire et comme une éponge, témoigne de son passé, tandis que, de l’autre, il attend une reconnaissance.

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