Les 6 et 8 janvier, une commission nationale d’information doit auditionner les anciens enfants réunionnais déplacés en métropole, entre 1963 et 1982, pour repeupler les territoires ruraux. L’Assemblée nationale avait reconnu en 2014 la « responsabilité morale » de l’Etat dans cette migration forcée vers des départements ruraux de l’Hexagone de plus de 2 000 enfants réunionnais (le nombre exact d’enfants n’est pas connu à ce jour).

Leurs parents avaient signé des consentements au départ, ayant reçu l’assurance que les enfants partaient vers un avenir meilleur et reviendraient chaque année les voir. La plupart ne sont jamais retournés sur l’île. Parmi ces enfants, certains ont grandi sans savoir que leurs frères et soeurs vivaient dans d’autres familles, à proximité. Certains ont été utilisés comme main d’oeuvre, sort qui fut longtemps aussi celui des pupilles de l’État. Beaucoup ont souffert de cet arrachement, des circonstances difficiles dans lesquelles ils ont grandi, et gardent encore des séquelles. Quelques-uns ont été adoptés. Les dossiers de ces enfants sont dispersés dans différentes archives, départementales et autres. Des pièces manqueraient dans un certain nombre de dossiers. Les victimes demandent à ce que l’intégralité de leur histoire leur soit restituée, et que leur expérience soit enseignée dans les manuels scolaires.

Le travail de cette commission sur la mémoire collective permet de restituer aux victimes de cette « déportation » leur honneur, leur dignité et de les réinscrire dans une histoire individuelle et collective. Cette démarche est semblable à celles entreprises dans d’autres pays, concernant le sort d’enfants déplacés ou retirés à leurs parents sous des prétextes socio-économiques ou religieux difficilement acceptables aujourd’hui: Australie, Royaume-Uni, Irlande…

De nombreux témoignages et interviews dans les médias, sur France Culture, France Inter, France Info, La Croix, etc.

source : http://www.adoptionefa.org/component/content/article/45-accueil/796-enfants-de-la-reunion-auditions-a-paris-et-a-gueret