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Tous nos remerciements à tous les participants, intervenants et partenaires pour cette belle journée d’échanges.

article CD27 Conférence : quels sont les enfants adoptables en France ?

article CD27 Conférence : quels sont les enfants adoptables en France ?

Une centaine de personnes s’est déplacée au Département, à Evreux, le 21 janvier, pour échanger avec les professionnels et écouter les témoignages de parents.

 « Quand on parle d’adoption, la plupart pense aux bébés venus de pays lointains. Pourtant, en France, environ 150 000 enfants ne vivent pas chez leurs parents et sont confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) des conseils départementaux », rappelle Hafidha Ouadah, vice-présidente au Département de l’Eure, déléguée à l’enfance, en introduction de la conférence organisée le samedi 21 janvier à l’hôtel du Département, à Evreux. « Parmi eux, seuls quelques milliers(1) ont le statut de pupille de l’Etat, donc potentiellement, peuvent être adoptés par une nouvelle famille. Hélas, chaque année, moins de la moitié d’entre eux trouvent de nouveaux parents prêts à les choyer et à les aimer. Pourtant être accueilli dans une famille, “pour la vie”, est essentiel à chaque enfant pour bien grandir et s’épanouir. »

Parents en cours de procédure d’adoption

Mais quels sont vraiment les enfants adoptables en France ? Pour comprendre ce sujet complexe -et ô combien important pour les enfants en attente de poser définitivement leurs valises auprès de nouveaux parents-, le Département de l’Eure a convié Karine Nivelais, engagée au sein de l’association EFA 44(2) depuis quinze ans. Une centaine de parents en cours de procédure d’adoption était présent dans la salle pour en apprendre plus sur le profil des enfants adoptables, et, pourquoi pas, envisager de choisir cette voie plutôt que celle des enfants étrangers.

Des enfants tous différents

« Les profils sont multiples », relève Karine Nivelais, également mère de quatre enfants dont un adopté. « Certains enfants sont jeunes d’autres plus grands, certains ont subi des traumatismes importants ou ont vécu de multiples séparations, d’autres peuvent avoir une particularité médicale comme un handicap, une malformation ou une maladie chronique.  Vous devez déterminer vos propres limites. Quel enfant êtes-vous en capacité d’adopter ? Il existe des outils pour vous aider. » Face à cette réalité brutale, les témoignages de trois parents ayant adopté des enfants français apportent un éclairage concret.

Témoignages

Il y a d’abord Christophe qui a adopté une fille de 8 ans puis un garçon de 7 ans : « Ce n’est pas du tout le même projet d’adoption quand on fait le choix d’un enfant grand plutôt qu’un nourrisson. Un enfant grand sait pourquoi il est adopté, il connaît son histoire, c’est plus clair dans sa tête. Mais il a également souvent vécu plus de traumatismes qu’un nourrisson, plus de séparations et de faux espoirs. » Mathilde, quant à elle, est maman biologique de quatre enfants et a adopté un cinquième enfant âgé de 5 mois alors qu’il était diagnostiqué SAF (Syndrome d’alcoolisation foetale). Aujourd’hui, il a 9 ans et est en CM1. Pour son premier enfant, Alexandra a adopté une petite fille de 3 ans atteinte d’une maladie génétique rare qui touche la peau. « Quand nous avons récupéré notre fille, dans le sud, elle avait vécu à l’hôpital et en famille d’accueil. Elle n’avait aucune idée de ce qu’étaient un papa et une maman. Mais elle était très bien préparée par les équipes sociales. Aujourd’hui, elle a 5 ans et est en maternelle. »

Plusieurs années avant l’adoption

Autant d’enfants, autant d’histoires. Cela rappelle que le chemin de l’adoption est rempli d’obstacles et en tout premier lieu, celui de l’adoptabilité. « Un enfant adoptable en France doit être orphelin de père et de mère ou avoir des parents qui consentent à son adoption (à la naissance ou plus tard). Sinon, il faut que l’autorité parentale soit retirée suite à de la maltraitance ou au délaissement parental », précise Corine Nguyen Thanh, responsable du service Adoption au Département de l’Eure.

« Il peut arriver qu’un enfant soit sans nouvelle de ses parents pendant plusieurs mois, et que, au moment où le délaissement parental peut être constaté, la mère ou le père reprend contact. » Il s’écoule donc parfois plusieurs années avant qu’un enfant puisse être adopté. « Dans l’Eure, les plus grands enfants adoptés par des parents avaient 13 ans ».

 

source : http://www.eure-en-ligne.fr/cg27/accueil_eure_en_ligne?id=24806