300 000 : c’est le nombre de bébés qui auraient été soustraits clandestinement à leurs parents biologiques, entre 1939 et le début des années 90, pour être vendus à des familles plus riches, plus catholiques, plus dignes d’élever des enfants, selon les autorités espagnoles d’alors. Ce qui était, sous Franco, une méthode de répression antirépublicaine, devient après la dictature un véritable trafic d’être humain, marqués par des compromissions entre religieux, médecins et fonctionnaires.

Le scandale, jusqu’alors vainement mis en lumière par des journalistes, des victimes et des juges, éclate finalement au cours des années 2000, alors que les nouveaux moyens de communication permettent d’organiser la mobilisation. Des mères retrouvent leurs enfants, après des décennies de quêtes douloureuses. L’Espagne toute entière est contrainte de regarder l’impensable en face: des milliers de vies ont bel et bien été volées, avec le soutien de l’Église et de l’État, sans qu’aujourd’hui encore, personne n’ait jamais été inquiété du côté des coupables.

Retour sur un demi-siècle de mensonges et de tabous, entre drames familiaux, purge idéologique et commerce occulte.
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