Barracuda for ever / Pascal Ruter – Didier Jeunesse

Format : 14.8 x 21.4 cm
Nb de pages :256 pages
Parution : 18 janvier 2017
EAN 13 : 9782278059461

Résumé de l’éditeur

C’est sur un rythme endiablé au son des « Barracudas » de Claude François que Napoléon, 85 ans, décide de commencer une nouvelle vie. Avec l’aide de son petit-fils Léonard, dit « mon Coco », ils enchaînent les quatre cents coups. Gare à tous ceux qui voudraient déporter Napoléon en maison de retraite, car c’est lui qui mène la danse, surtout lorsqu’il s’agit de faire tourner en bourrique son entourage !
Cependant, l’ancien boxeur va bientôt découvrir ses véritables adversaires, implacables et sournois.

Un roman mordant pour rire aux éclats et être ému jusqu’aux larmes !

Chronique
Ce roman est avant tout une très belle histoire de famille, de transmission et d’amour.

Tout au long du récit, nous suivons la relation tendre entre Léonard et son grand-père. Le petit garçon est très admiratif de son papy : drôle, fort et toujours plein d’entrain. Mais, du haut de ses 10 ans, il se rend bien compte que Napoléon commence à agir de façon très étrange, qu’il oublie certaines choses. Cela n’empêchera pas Léonard de soutenir son Barracuda, contre vents et marrés.

L’enfant reste aussi en contact constant avec sa grand-mère grâce aux longues lettres qu’elle lui envoie. A travers ces échanges épistolaires et les dessins de sa mère, Léonard va découvrir des nouvelles facettes de la personnalité de son grand-père et un secret de famille bien gardé.

Derrière un texte rempli d’humour et d’émotion, il y a une histoire qui parle de la famille, de la vieillesse, la maladie et des secrets de famille avec beaucoup de tendresse et de délicatesse.
Ce roman est un énorme coup de cœur. Cette lecture m’a fait rire, sourire, pleurer et m’a beaucoup émue. Je garderais longtemps les personnages et leurs histoires en tête.

 

Extrait :

À l’âge de quatre- vingt- cinq ans, mon grand- père Napoléon décida qu’il lui fallait se renouveler. Il traîna ma grand- mère
Joséphine devant les tribunaux. Comme elle n’avait jamais rien su lui refuser, elle se laissa faire.
Ils divorcèrent le premier jour de l’automne.
— Je veux refaire ma vie, avait- il dit au juge chargé de l’affaire.
— C’est votre droit, avait répondu ce dernier.
Nous les avions accompagnés, mes parents et moi, jusqu’au palais de justice. Mon père espérait que Napoléon se dégonfle-rait au dernier moment, mais je savais bien qu’il se trompait : mon grand- père ne changeait jamais d’avis.
Ma grand- mère Joséphine pleurait sans pouvoir s’arrêter.
Je la tenais par le bras et lui distribuais des mouchoirs en papier qui s’imbibaient de larmes en quelques secondes.
— Merci, Léonard chéri, dit- elle. Quel chameau, ce Napoléon, quand même !
Elle se moucha, soupira, et ses lèvres formèrent un sourire très doux, très indulgent.
— Enfin, reprit- elle, si c’est son idée, à ce chameau.
Mon grand- père portait bien son nom. Sur les marches du palais de justice, les mains dans les poches de son pantalon blanc tout neuf, il avait l’allure fière et impériale de celui qui
vient de conquérir un royaume. Il promenait sur la rue et les passants un regard satisfait et supérieur.
Je l’admirais. Je me disais que la vie avait ses secrets et que mon grand- père les connaissait tous.
C’était le début de l’automne, l’air était doux et humide.
Joséphine frissonna et remonta le col de son manteau.
— On va fêter ça ! déclara Napoléon.
Papa et maman n’étaient pas d’accord et Joséphine encore moins, alors on s’est simplement dirigés vers le métro.
— Tu veux pas une glace à la vanille ? m’a demandé Napoléon devant le stand d’un marchand de rue.
Il a tendu un billet au jeune vendeur.
— Deux glaces, une pour moi et une pour mon Coco. Avec de la chantilly ? Oui. Hein, Coco, de la chantilly ?
Il m’adressa un clin d’œil. Je fis oui de la tête. Maman haussa les épaules. Papa regardait droit devant lui, les yeux vides.
— Bien sûr qu’il veut de la chantilly, mon Coco !
Coco… Il m’appelait ainsi depuis toujours. Je ne savais pas pourquoi, mais j’aimais imaginer que dans les salles et sur les rings de boxe qu’il avait fréquentés autrefois, tout le monde
s’appelait également Coco. Rien à voir avec Léonard. Léonard Bonheur. J’avais dix ans, le monde me semblait encore indéchiffrable, mystérieux,un peu hostile, et souvent m’envahissait le sentiment que ma silhouette ne s’imprimait pas sur la rétine des gens que je croisais. Napoléon, rassurant, me disait qu’un boxeur n’a pas besoin d’être baraqué et que la plupart des champions n’ont été grands que par la classe et le talent ; mais moi, je n’étais pas boxeur. J’étais l’homme invisible.

 

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Bonne lecture et à bientôt !