Une délégation de l’Agence Française de l’Adoption (AFA), composée de Mme Charlotte GIRAULT, Directrice Générale, et Mme Florence MOURÉ, Rédactrice Caraïbes, s’est rendue en Haïti du 15 au 21 avril 2018.

L’objectif de la mission était de présenter Mme GIRAULT aux principaux partenaires de l’adoption internationale dans ce pays et de renforcer l’excellente coopération qui existe entre l’AFA et l’Institut du Bien-Etre Social et des Recherches (IBESR).

Ce déplacement a permis de comprendre les enjeux de la protection de l’enfance en Haïti. En effet, d’après les ONG présentes en Haïti, et spécialisées dans la protection de l’enfance, près de 30000 enfants sont accueillis dans environ 800 maisons d’enfants. Un important travail est donc actuellement effectué pour essayer de réunifier les familles ou, à défaut, pour désinstitutionnaliser les enfants en les plaçant dans des familles d’accueil. Par ailleurs, l’IBESR a fait un audit de la majorité des maisons d’enfants et a pris la décision d’en fermer un certain nombre qui ne respecte pas les normes édictées.

La délégation a également pu évoquer avec les acteurs locaux les difficultés qu’ils rencontrent aux différentes étapes de la procédure d’adoption internationale.

L’IBESR a réaffirmé sa volonté de délivrer l’autorisation d’adoption dans les 10 jours suivants la fin de la socialisation (comme la législation le prévoit) mais il ne lui est pas toujours possible de respecter ce délai. En effet, certains documents, comme les extraits d’archive, sont difficiles à obtenir.

Par ailleurs, bien que le consentement des parents biologiques à l’adoption plénière soit éclairé, depuis la mise en œuvre de la formation dispensée par l’IBESR, et définitif, dès la fin du délai de non-rétractation du procès-verbal rédigé par le juge des enfants, il n’est pas rare que ceux-ci soient de nouveau auditionnés par les magistrats avant l’homologation du jugement d’adoption.

Enfin, certains directeurs des maisons d’enfants rencontrés ont sollicité l’AFA pour des formations sur la préparation des enfants à leur adoption, formations qui complèteraient celles déjà effectuées par l’équipe locale sur la nutrition et l’hygiène.

Ainsi, la délégation a pu constater les efforts réalisés par les acteurs locaux pour permettre des adoptions réussies. Elle ne peut que les encourager à poursuivre le travail déjà accompli.

Néanmoins, elle souhaite aussi préciser aux adoptants en procédure sur ce pays que les délais avant un apparentement restent longs et que l’attente, liée à la procédure après la socialisation, est toujours difficile à vivre émotionnellement.

 

source : http://www.agence-adoption.fr/haiti-compte-rendu-de-la-mission/