Accueil donne la parole aux adoptés.
Ce n’est pas un numéro sur les adoptés, mais bien réalisé avec et par les adoptés: les thématiques traitées ont été choisies par eux.

Trois associations d’adoptés ont répondu à notre proposition : La Voix des Adoptés, Racines coréennes et Perspectives d’Adoptés, par l’intermédiaire de Hélène Charbonnier, Cécile Février, Céline Giraud, David Hamon, Anne-Laure Jain, Julien Pierron, ainsi que Sébastien Bertrand auteur-compositeur du spectacle « Chemin de la Belle Etoile » et Barbara Monestier, auteur de « Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d’avoir été adoptée … ».

On notera en particulier un dialogue sur la recherche des origines entre une adoptée en France et une adoptée à l’international, des questionnements sur les origines, ainsi que deux approches de l’éthique dans l’adoption.

Le visuel de couverture est une création inédite de Yan Nascimbene, illustrateur français et père adoptif.

 Éditorial

Réalisme et pragmatisme
Geneviève Miral
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 Dossier

Adoptés, savez-vous qui nous sommes ? Jean Gabriel Cosculluela, Carine Boudesocque-Dubois, Christiane Sébenne

Adoptés : savez-vous qui ils sont ? Parents, nous pouvons nous poser la question, seuls. Mais les réponses ont inévitablement leurs limites. Nous voyons trop souvent les adoptés comme des enfants. Les adoptés ne sont pas seulement des enfants, ils grandissent.

Ici, ce sont des adoptés adultes qui s’interrogent et nous interrogent.

Qu’est-ce qu’être adopté ? Aubeline Vinay

D’un point de vue juridique, social et psychologique, la question : qu’est-ce que c’est « être adopté » ? semble une bien curieuse interrogation. Le premier aspect (juridique) étant peut-être le plus facile à élucider, le second (social) venant se complexifier un peu et le troisième (psychologique) étant difficilement descriptible et posant davantage la question du « se sentir adopté », autrement dit : qu’est-ce que ça fait d’être adopté ?
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 Dialogue entre adoptées Propos recueillis par Cécile Février

Entre une personne adoptée au Pérou et une personne adoptée en France : quelles similitudes ? Quelles différences ? Comment aborder l’histoire d’une adoption ? Quand commence-t-elle ? Comment continue-t-elle ? Comment vit-on, dans ces deux cas, la recherche des origines ? Un dialogue teinté de pudeur, mais sans tabous.

 Quel rapport à nos origines ? David Hamon

L’auteur s’interroge sur le rapport aux origines dans le cadre de l’adoption et revient sur l’importance d’une démarche personnelle qui n’appartient qu’à l’adopté. L’histoire de l’adopté dépasse toute notion juridique pour une approche plus singulière, plus intime, et ce, même si l’adopté connaît bien les particularités de l’adoption simple comme de l’adoption plénière.

 La transmission du dossier médical lors de l’abandon d’un enfant

Témoignages et questionnements
Anne-Laure Jaïn

Est-il souhaitable que la mère biologique ou les services sociaux transmettent à l’enfant abandonné le dossier médical de sa mère (ou de ses parents) ? Beaucoup d’interrogations se mêlent à la question purement médicale. Un article qui fait état du ressenti de certains d’adoptés sur ce sujet.

A propos des dossiers et antécédents médicaux – Réponses d’un pédiatre
Odile Baubin

Divulguer les antécédents médicaux des parents de naissance, résoudra-t-il toutes les questions et les aspirations des adoptés ? Pour l’auteur, les questions ne relèvent pas toutes du même registre.

L’influence familiale et sociétale sur la recherche des origines Hélène Charbonnier

Si la famille et la société posent un cadre à un enfant, celui de l’adoption, en quoi l’enfant
« adopté » peut et/ou doit-il s’en affranchir dans le processus de ré-appropriation de ses origines ? Quel type d’espace-temps l’adopté s’accorde-t-il, quand le curseur de sa propre ligne d’horizon psychique se positionne simultanément dans le passé, le présent et l’avenir, celui de la famille s’ancre dans le présent, et celui de la société se cale sur son « devenir » ?

 Fautifs mais pas responsables Barbara Monestier

Barbara Monestier recense certains propos tenus par les adultes, les mots utilisés pour s’adresser aux adoptés, et ceux pour parler des adoptés. Elle nous invite à prendre conscience de quelques réalités qui peuvent blesser ou susciter une grande incompréhension lorsqu’on a été adopté, alors que les adultes n’en ont pas toujours conscience.

L’art, facteur de résilience Anne-Laure Jaïn

L’auteure est musicienne professionnelle, pédagogue et formatrice. Elle s’investit depuis plus de quatre ans dans le domaine de la post-adoption, tout d’abord au sein d’associations, puis à Perspectives d’Adoptés, association qu’elle a créée et qu’elle préside, en tant qu’animatrice, conférencière et rédactrice.
 

« De toi à moi », le parrainage par et pour les adoptés Propos recueillis par Carine Boudesocque-Dubois auprès de Julia Noblanc

Un projet devenu réalité à La Voix des Adoptés : la création d’un libre espace de parole et d’échanges entre enfants ou adolescents et adultes, tous adoptés, bien sûr.

L’Éthique de l’adoption selon les adoptés David Hamon, Céline Giraud et Cécile Février

Racines coréennes et La Voix des Adoptés ont répondu à notre question : quelle est votre conception de l’éthique dans l’adoption ? Ils se retrouvent sur des valeurs communes, mais au-delà de ce qui les rapproche, chacun a introduit des nuances et des développements sur certains points. Deux approches pour ne pas passer à côté de ce que nous jugeons comme fondamental pour l’avenir des familles, car les enfants deviennent un jour des adultes.

 À bâtons rompus. Échange entre adoptés Propos recueillis par Jean-Gabriel Cosculluela

Julien Pierron est médecin généraliste, membre de La Voix des Adoptés. Sébastien Bertrand est auteur-compositeur et accordéoniste, dont les spectacles « Chemin de la Belle Etoile » et « Nahas Project » font le lien conté et musical entre Liban et Vendée.

Hélène Charbonnier, Cécile Février, Anne-Laure Jaïn et David Hamon ont souhaité leur poser quelques questions.

 Leur propre histoire (de l’intime au public) Bernard Golse

Bernard Golse nous livre ses impressions à la lecture des différents textes qui composent ce numéro. Pour ce médecin, très impliqué dans l’adoption, donner la parole aux adoptés apparaît aujourd’hui comme une idée salutaire et nécessaire. La question était au fond de faire une place au monde interne des adoptés, au-delà des discours qui peuvent être tenus par des observateurs extérieurs (parents ou professionnels).
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Bibliographie

Nos rubriques :

CHRONIQUE JURIDIQUE : OAA et accouchement « sous X »

C’EST-À-DIRE ! : Trois petites histoires Lire cet article

EN FRANCE : Les parents et les réseaux sociaux

ADOPTION INTERNATIONALE : Rapport sur l’Agence française de l’adoption : constats et préconisations

NOS ENFANTS À L’ÉCOLE : La vie, ce n’est pas l’école !

SANTÉ : L’hospitalisation d’un enfant adopté

ENFANTS EN RECHERCHE DE FAMILLE : Des frères et sœurs attendent des parents

DU CÔTÉ D’EFA : Colloque « Origines : dossiers, lettres, histoires, accompagnement »

LA PAROLE EST A VOUS : À la rencontre de L’AGSA

LIRE – ÉCOUTER – VOIR : avec « Heureusement, j’ai été adopté. Back to Broumana » d’Alexandre Trad et « Magnitude 7.3 » de Tinan Leroy.

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Par Audrey Delisle

L’enfant adopté de langue étrangère vit toute une adaptation en raison de la langue qui peut être une barrière importante. Et si vous lui offriez un moyen de communiquer ses émotions et ses besoins?

J’ai récemment rencontré une future maman adoptive qui m’expliquait que la plupart des enfants qui entraient au pays à la suite d’un processus d’adoption avaient en moyenne 1 an. De plus, ces enfants ne parlent généralement pas ou très peu, et ont été malheureusement très peu stimulés. Cela m’a beaucoup fait réfléchir et je me suis mise à la place de ces enfants, déracinés de leur milieu, n’ayant jamais entendu notre langue et n’ayant pas eu de famille qui les aime et les réconforte.

Nous avions déjà expérimenté en service de garde les bienfaits du langage des signes pour bébés avec un petit garçon de 3 ans qui ne parlait que le mandarin. Les autres enfants avaient appris les signes avec joie pour pouvoir communiquer avec lui et ainsi faciliter son intégration dans le groupe. Et lui-même avait maintenant la possibilité d’exprimer ses besoins et ses pensées. Par contre, je n’avais pas réalisé que plusieurs enfants pouvaient ressentir les contrecoups d’une adoption au niveau des barrières que des langues si différentes engendrent et que parents adoptifs autant qu’enfants adoptés vivaient une période d’adaptation qui pouvait s’avérer difficile au niveau de la communication.

Les bienfaits du langage des signes

En plus des bienfaits reconnus tels que la diminution de la frustration, le renforcement du lien familial, la stimulation de l’apprentissage du langage et la découverte de la vision des choses de l’enfant, il est à noter que l’enfant adopté pourrait plus facilement :

Exprimer ses besoins primaires, tels que la soif et la faim.

Exprimer les émotions qu’il ressent, telles que la peur, la tristesse, la joie et l’amour.

Partager ses souvenirs, c’est-à-dire raconter avec des signes ce dont il se souvient de sa première année de vie. Même si cela peut paraître surprenant, les enfants retiennent beaucoup de choses et certaines d’entre elles peuvent les marquer davantage. Le fait de pouvoir s’exprimer sur ces situations les sécurise fortement.

Ressentir un sentiment de sécurité plus fort. En sachant qu’il peut être compris et comprendre lui-même malgré la barrière des langues, cela diminue le stress qu’il peut ressentir.

Augmenter sa confiance en soi et son estime personnelle. L’enfant qui a conscience qu’il peut facilement communiquer et se faire comprendre aura moins tendance à se retirer et aura davantage le goût d’aller vers les autres enfants.

Faciliter son intégration puisque les autres enfants n’hésitent pas à apprendre les signes afin de communiquer avec un enfant dont ils ne comprennent pas la langue. Pour eux c’est naturel, amusant et très facile à apprendre.

Et finalement, cela lui permettra d’apprendre avec plus de facilité un vocabulaire francophone qui est relié à son quotidien. De plus, il est important de rappeler que les références visuelles et auditives qui lui sont transmises lors de l’enseignement des signes lui offrent plus de repères.

Source : http://www.mamanpourlavie.com/

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L’Agence Française de l’Adoption (AFA), qui a obtenu le renouvellement de son accréditation auprès de l’Autorité Centrale péruvienne, la Secretaría Nacional de Adopciones du Ministerio de la Mujer y Desarrollo Social (SNA-MIMDES), peut désormais envoyer de nouvelles demandes.

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